Mardi 18 novembre 2008

Vous ne connaissez pas tous cette chanson de feu Eliott Smith, le mec qui s’il ne s’était pas suicidé à 24 ans par un matin pluvieux, aurait écrit encore de merveilleuses chansons. Celle là, je l’écoute en boucle en écrivant et en lisant en même temps un bouquin de William Boyd,  Brazzaville plage ( pas le meilleur de Boyd selon ma collègue d’allemand qui dévore une dizaine de pavés par semaine et parle en connaissance de cause, mais bon super quand même, avec des chimpanzés cannibales, une anthropologue libérée et des histoires de guerres  civiles africaines). Je l’écoute en boucle avec plusieurs autres de l’album (Twilight, Memory Lane, Little one, A king crossing)-jamais en présence de Jacques, ce n’est pas assez trash pour lui, il se met râler dès qu’il entend ça on n’est plus chez soi, je prendrai bien l’avion pour l’Afrique du Sud, le Kenya, le Mali, juste trois jours au soleil dans la brousse alone by myself, histoire d'oublier d'où viens-je, qui suis-je et dans quel état j'erre …- car sa mélodie m’enivre, libère dans mon cerveau quelques endorphines salvatrices après ma journée charrette du lundi, 6 heures de cours avec les sixièmes qu’il faut tenir en éveil pour certains, endormir pour d’autres, selon l’heure et l’énergie du groupe en présence. Sa mélodie m’enivre et aussi, j’adore le son du glissement du médiator sur les cordes de sa guitare sèche « gsoinnng », tu vois, le ton mélancolique à mourir, la voie légèrement mais profondément plaintive ( allez savoir pourquoi nous les filles aimons tant les hommes qui souffrent ), ultra douce (ça change des voix graves de mes mecs). Putain, j’aurais bien aimé lui envoyer quelques baisers à un concert à celui là. Je t’embrasse mon brave pote, poussière d’étoile, reçois mes bons baisers de Libreville. Et vous aussi, chers lointains qui me lisez et me manquez.

Love, Agathe

Ce petit article, qui m’a fait m’attarder sur la terrasse après 21 h 00 me vaut une trentaine de piqures de moustiques passionnés, mais passionnés par mes pieds, vous n’imaginez même pas. Je vais me gratter toute la nuit, ça changera de la nuit dernière où je me suis éveillée une première fois tremblante de froid (une sensation française oubliée et exquise du reste !) à cause de la clim qu’on avait oublié d’éteindre et une seconde fois parce que j’étouffais sous la polaire destinée à me réchauffer. La vie n’est décidemment pas un long fleuve tranquille.

Par Agathe
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